Regard d’expert – Handicap et droits en Nouvelle-Calédonie

Alexandre Côte, à gauche, aux cotés du président du Collectif Handicaps, Richard Fournier.
Alexandre Côte, à gauche, aux cotés du président du Collectif Handicaps, Richard Fournier.

Interview d’Alexandre Côte, assistant technique auprès du Pacific Disability Forum et co-fondateur du Centre pour les politiques inclusives.
Alexandre est intervenu au sein du Collectif handicaps, début février 2020, pour une formation sur la mise en oeuvre et les enjeux de la « Convention internationale des droits des personnes handicapées » (ONU).

Est-ce que vous pouvez nous dresser rapidement un panorama de la zone Pacifique ?

Sur les dix dernières années, sur la zone Pacifique, il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites en termes de reconnaissance, de l’importance des inégalités, etc. C’est difficile savoir qui est le « meilleur » pays, puisque vous allez avoir des points forts et des points faibles dans tous. C’est intéressant de voir que l’Australie a une approche plus basée sur la non-discrimination, avec des nouveaux mécanismes de protection sociale progressistes. En Nouvelle-Calédonie, ce qui est intéressant, c’est de voir qu’un ensemble de dispositifs est déjà en place. C’est intéressant de regarder chez les voisins ce que l’on peut apprendre.

Vous avez repris l’exemple des questions du recensement, qu’est-ce que c’est ?

C’est important de collecter des données sur le handicap et d’essayer d’identifier les personnes qui peuvent être en situation de handicap dans la population. C’est dommage de voir qu’en Nouvelle-Calédonie le recensement a été fait sans essayer de capturer cette donnée. Alors que Kiribati, Fidji, le Vanuatu, des pays plus pauvres qui possèdent des outils statistiques moins développés l’ont fait et vont bénéficier de données statistiques de meilleure qualité. A l’inverse, ici, vous avez de bonnes données administratives relatives au système.

La Nouvelle-Calédonie est en pleine construction, soumises à des échéances proches sur son avenir institutionnel, est-ce que cela peut changer les droits des personnes en situation de handicap ?

Nous en avons longuement parlé cette semaine, je peux vous donner l’exemple de la Tunisie, où, après la révolution, avec tout le travail qui s’est fait autour de la nouvelle constitution, les personnes handicapées sont vraiment mises en avant, la Tunisie nouvelle ne se fera pas sans eux. Quelque soit le résultat du référendum, il y aura une réinvention de la Nouvelle-Calédonie, encore faut-il s’assurer que cette Nouvelle-Calédonie sera faite pour tous, y compris pour les personnes en situation de handicap.

Si demain la Nouvelle-Calédonie reste dans la France, devra-t-elle se soumettre à la convention internationale ?J’ai posé plusieurs fois la question, il y a un flou juridique qui mérite d’être clarifié. C’est la responsabilité des acteurs calédoniens. Est-ce que les autorités de la Nouvelle-Calédonie veulent-ils être un de seuls pays de la zone à ne pas mettre en œuvre la convention ? C’est un choix.


Interview réalisée pour et par le Collectif Handicaps.